Un projet qui donne des ailes aux pollinisateurs

La situation des pollinisateurs est très inquiétante, mais des initiatives comme Abeilles Citoyennes donnent de l’espoir, J’ai eu la chance d'en parler avec une des personnes qui porte ce projet.

Léo Roy Laboratoire des jeunes journalistes en environnement (LJJE) - cohorte 2026

On le sait: les pollinisateurs sont extrêmement importants dans l’équilibre des écosystèmes puisque c’est grâce à eux que les plantes se reproduisent et donnent fruits et légumes. Les pollinisateurs sont indispensables pour la bonne marche de l'agriculture et l’approvisionnement en nourriture de la population. "Sans pollinisateurs, nos sources d’approvisionnement alimentaire seraient réduites de manière drastique", rappelle la Fédération canadienne de la faune.

Abeilles, bourdons, papillons, scarabées jouent donc une rôle clé dans l’approvisionnement en nourriture et la reproduction des espèces végétales, en transportant le pollen d’une plante à une autre. Plusieurs éléments peuvent toutefois modifier le rendement d’une plante. Par exemple, le nombre ou la variété des pollinisateurs qui s'intéressent à elle.

Frédéric McCune, coordinateur de l’initiative Abeilles Citoyennes, précise que "ce n’est pas simplement avoir dix visites d’une sorte d’abeille sur la plante, mais dix visites de différentes espèces de pollinisateurs". Tous ces facteurs, prolonge Frédéric, contribuent à une pollinisation plus complète et à la production de fruits plus gros ou mieux formés, entre autres.

Une situation inquiétante
Depuis plusieurs années, les pollinisateurs sont toutefois en déclin. La baisse de leur population est un phénomène inquiétant pour les scientifiques. En effet, selon la fondation de David Suzuki, "les espèces d’invertébrés ont eu un déclin de 45% au cours des 40 dernières années".

Ce déclin est majoritairement causé par l’utilisation abusive des pesticides, l’utilisation d’énormes tracteurs dans l’agriculture mais également par la monoculture (la plantation d’une seule espèce de plante), qui affaiblit le système immunitaire des colonies et réduit la variété de pollens offerte par des champs diversifiés. La majorité des espèces d’abeilles nichent dans le sol et lorsque d'énormes machines agricoles passent sur leurs terriers, elles se font souvent tuer. Mais que peut-on faire?

(image: file://xgmltdgry0khm3cq)

Les actions individuelles
Selon Frédéric McCune, il est possible d'agir individuellement par exemple en plantant chez soi des fleurs, préférablement des espèces indigènes, qui vont fleurir pendant la saison et nourrir les pollinisateurs. Autre action: laisser des parcelles de sol nues pour permettre aux abeilles d’y nicher ou ne pas couper des plantes à tiges creuses (fenouil ou framboisier par exemple) pour que les pollinisateurs puissent y pondre leurs œufs. À grande échelle, limiter l’application de pesticides demeure la meilleure façon de contrer le déclin des pollinisateurs.

Autre option ? Participer à des projets de recherche sur les pollinisateurs, qui est un excellent moyen de contribuer à la conservation des espèces pollinisatrices. C’est précisément la mission de l'organisme Abeilles Citoyennes: protéger les pollinisateurs en “travaillant” avec les citoyennes et citoyens.

Un projet pour donner de l’espoir
Abeilles Citoyennes a pour but de recenser les pollinisateurs en se basant sur des spécimens envoyés par des citoyennes et citoyens. L'organisme utilise ensuite ces données pour mieux répertorier et protéger les populations. Ce projet de science participative est très important pour les pollinisateurs, mais aussi pour la population, car elle garde les personnes impliquées, note Frédéric McCune.

Le laboratoire reçoit les données soumises par les participant·es et doit ensuite identifier chaque espèce pour avoir une idée de leur population et si une intervention immédiate pour protéger l’espèce doit être envisagée. Frédéric McCune le résume de cette façon : “On va pouvoir identifier des priorités de conservation, des espèces qui connaissent peut-être un déclin ou des régions où on doit prioriser nos actions de conservation.” Mais également afin de redresser les populations en voie de disparition au Québec.

En conclusion, les pollinisateurs de toutes sortes jouent un rôle crucial dans la stabilisation des écosystèmes et leur déclin pourrait avoir d’énormes conséquences au niveau environnemental. Toutefois, des actions peuvent encore être posées pour ralentir la décroissance, voir accroître leurs populations.

Mon expérience d’écriture

J’ai vraiment adoré écrire cet article, il m’a non seulement permis de rencontrer des personnes importantes, j’ai également pu en parler et j’étais vraiment bien accompagné tout au long de ma rédaction, je recommande vraiment le laboratoire des jeunes journalistes aux jeunes écoanxieux.

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