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Déni, mon ami (un peu) toxique
Hé ouais, quand on nous parle d’urgence climatique, d’acidification des océans ou de limites planétaires, on a tendance à se pitcher l’esprit le plus loin possible des mauvaises nouvelles. Série Netflix, Twitch, défilé de tutos TikTok, verre de vin, soirée humour : tout est bon à prendre quand vient le temps de ne pas regarder les choses en face. Devrait-on s’en vouloir?
Les choses sur lesquelles on ne peut pas directement agir suscitent beaucoup, beaucoup d’anxiété… précisément parce qu’on se sent totalement impuissantes et impuissants. Et dans ce cas – l’humain est une si belle machine! –, on a tendance à protéger notre santé mentale avec des réflexes inconscients qui nous permettent de couper court à nos émotions négatives (tristesse, culpabilité, peur, honte, colère, frustration, etc.).
Voilà en grande partie pourquoi, même si on a conscience de l’urgence d’agir (comme 86% des Québécoises et Québécois, just saying), on se donne l’illusion qu’on peut poursuivre le cours de notre existence comme si de rien n’était. Derrière ce comportement courant, différentes mécaniques entrent en jeu, on appelle ça… les biais cognitifs.
Le mode «par défaut» de l’humain le conduit inconsciemment à conserver sa situation actuelle, à ne rien changer.
👉 C’est la petite voix intérieure qui nous présente n’importe quel changement comme une montagne aussi insurmontable que d’essayer de changer votre mère ou votre coloc.
On s’accorde certains écarts de conduite s’ils sont équilibrés par autre chose.
👉 Ça, c’est quand votre oncle Gaétan vous lâche : «Je peux ben prendre l’avion, je recycle toute l’année».
On aime bien plus une activité qui apporte un plaisir immédiat qu'une action dont les retombées sont moins certaines ou plus lointaines.
👉 C’est ce qui vous rappelle, en plein visionnement d’un tuto de tricot, qu’il y a peut-être des pulls en spécial chez Simons!
Nous réagissons plus fortement aux messages émotionnellement chargés qu’à ceux qui énoncent des faits objectifs.
👉 Ça, c’est quand votre cerveau vous revire à l’envers sans vous donner de réelle prise pour agir, parce qu’il skip les infos tangibles.
Nos comportements ont tendance à être fortement influencés par ceux des autres.
👉 Ça, c’est ce qui nous conduit à manger des trends comme des Oh Henry et à stalker la vie de dizaines de personnes sur les médias sociaux.
Pour garder le moral et faire une pause de mauvaises nouvelles, optez pour une stratégie qui ne viendra pas augmenter votre culpabilité après coup – ni augmenter le solde de votre carte de crédit. Virer une brosse, dévaliser le Dix30, scroller sans bon sens ou bingewatcher des séries nous laisse parfois hangover.
Les meilleures stratégies à mettre en place seront celles qui augmenteront votre sentiment d’efficacité: cuisinez un repas végé avec votre meilleur-e ami-e, allez marcher, faites quelque chose qui apporte une gratification immédiate sans nourrir la bête.
Une des clefs est aussi de partager ce que vous ressentez avec les personnes de votre entourage, notamment les ami·e·s. Ça permet de valider vos émotions et d’alléger votre sentiment d’isolement. L’amitié est un précieux refuge devant les insécurités.